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mercredi 23 août 2017

Forbidden, Tabitha Suzuma

http://alexbouquineenprada.blogspot.fr/2017/08/forbidden-tabitha-suzuma.html
Auteur : Tabitha Suzuma
Editeur : Simon Pulse
Date de parution : 26 juin 2012
Nombre de pages : 454

L'histoire en quelques lignes

Maya et Lochan sont frères et soeurs. Agés respectivement de 17 et 16 ans, ils se sont vus contraints d’endosser le rôle de chefs de famille au sein de leur fratrie désertée par une mère volage, immature et alcoolique. Croulant sous le poids de la tâche, les deux adolescents ont toujours su rester soudés, peut-être un peu trop. Forbidden est le récit de cette relation fusionnelle qui dépasse les limites classiques et convenues du lien qui peut unir un frère et une soeur.  


Ce que j'ai à vous en dire

Les personnages sont très bien campés, vous ne pourrez pas rester de marbre face à aux. En bien ou en mal, ils vous marqueront forcément. Et c’est là l’un des points forts de ce roman.

Dès les premiers chapitres, je me suis assez fermement attachée au personnage de Lochan. Il est saisi d’une peur panique à chaque fois que l’obligation de s’adresser à une autre personne se présente. Cette phobie est incrustée en lui, dans son quotidien et on le voit essayer vainement de lutter, de se raisonner. Cet aspect de sa personnalité le rend très attachant. Il donne tout ce qu’il a à offrir à sa famille, et ne peut trouver aucune forme de réconfort en dehors de ce cercle.

Maya m’a laissée un peu plus de glace, malgré un caractère doux et altruiste. On sent bien que le poids de la situation pèse également sur ses épaules, mais son personnage est davantage centré sur les sentiments amoureux qui se dévoilent peu à peu entre nos deux protagonistes.

Kit est l’archétype de l’adolescent qui va choisir la voie de l’agressivité pour évacuer son mal-être et il m’a agacée pratiquement du début à la fin. Je comprends que la situation familiale dans laquelle il est coincé le révolte, mais pourquoi ne pas tourner sa hargne vers cette femme qu’il doit appeler maman ? Sans doute parce qu’elle n’est pas là pour recevoir les griefs et la rancoeur, qui se tournent donc automatiquement vers la figure d’autorité. J’ai toutefois apprécié l’évolution du personnage proposée par l’autrice.

La mère, parlons-en justement ! Elle a su cristalliser ma haine et mon dégoût de la première à la dernière page. Une femme immature, inconstante et foncièrement égoïste. N’ayant jamais voulu d’enfants et abandonnée par son mari, elle fuit ce foyer à la première occasion, persuadée d’être dans son bon droit. Rien qu’en y repensant, mes cheveux se dressent sur mon crâne. Quel être abject !

Ainsi, les personnalités présentées dans ce roman sont tellement vivantes, tellement vraies et bien développées, que le lecteur ne peut que s’angoisser, s’énerver et désespérer de concert. Je suis passée par un véritable kaléidoscope d’émotions durant ce court séjour aux côtés de la fratrie, et c’est très bien joué de la part de Tabitha Suzuma.

Le rythme du récit est assez lent, et cyclique. A l’instar des personnages, on va se retrouver englué dans ce quotidien pesant, dans cette routine qui se répète inlassablement. Grâce à la lecture du texte dans sa version originale, cet écueil ne m’a absolument pas dérangée. Reste à voir ce que donnera la traduction française, à paraître le 22 septembre 2017 chez Milady.

Nous avons couvert les personnages et le rythme, sans doute voulez-vous connaître mon opinion sur le fond ? Qu’ai-je pensé de la relation entre Maya et Lochie ?

En toute franchise, je pense faire partie de ces lecteurs qui comprennent les raisons qui les ont menés sur cette voie. La situation familiale y est, je pense, pour beaucoup. Devoir se serrer les coudes, être solidaires et forts ensemble, et ce dès le plus jeune âge, a créé un lien indéfectible et puissant entre eux. Maya insiste souvent sur le fait qu’elle a toujours considéré Lochan comme son meilleur ami, son partenaire, et non comme son frère. Je peux le comprendre. Je peux l’intégrer. Mais que serait-il advenu de ce lien dans un contexte familial sain ? Leur attirance, leurs sentiments, tout est vrai, tout est puissant. Mais ma lecture me mettait souvent mal à l’aise car leurs descriptions me faisaient souvent perdre de vue leur lien de parenté. Le balancement entre compréhension et sentiment de culpabilité vis-à-vis de cette compréhension est le tour de force de ce récit. A mon sens, Tabitha Suzuma n’apporte pas nécessairement de réponse, mais pose toutefois les bonnes questions. Doit-on toujours rejeter une idée sous prétexte qu’elle défie les lois et l’entendement ? A-t-on le droit de juger une personne sur le simple « qu’en dira-t-on » ? L’ordre établi est-il le seul prisme à travers lequel jauger une situation ?

En résumé, malgré un rythme lent et une écriture sans ambages, l’autrice parvient à nous proposer la mise en scène de personnages attachants et bien campés qui nous feront frissonner du début à la fin, et nous permettront de remettre en question nos jugements de valeur. C’est un grand oui pour moi ! Si vous êtes tentés par cette lecture, n’hésitez pas. En anglais ou en français, vous avez le choix du roi et ce serait dommage de passer à côté de ce roman. 



Version numérique déjà disponible en VF
A paraître en format papier le 22 septembre 2017


  
J'espère que cette chronique vous a plu, n'hésitez pas à me donner votre avis sur ce livre en commentaires. En attendant, je vous souhaite de merveilleuses rencontres de papier, et je vous dis à très vite !

4 commentaires:

  1. Je vois beaucoup ce roman sur les blogs et sur FB. Néanmoins je sais que je ne le lirai pas.
    Longue vie à ton blog et merci d'être passée sur le mien :)

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    Réponses
    1. Ce n'est pas forcément le genre d'histoire qui plaît à tout le monde, alors je te comprends parfaitement !
      Merci d'avoir pris le temps de t'arrêter par ici :)

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  2. L'ayant lu en français, je n'ai pas eu cette sensation de routine trop lourde non plus ;) Un roman qui ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais qui m'a tout de même beaucoup touché.

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    Réponses
    1. Oui, je suis absolument d'accord avec toi, ce roman ne fera sans doute pas l'unanimité mais il traite avec justesse (je trouve) de son sujet, et c'est bien là l'essentiel ;)
      À très vite.

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